Les jeunes interprètes du CRÉA abordent, de manière ludique et décalée, un sujet sensible : le harcèlement à l’école.
Pour Rose, l’enfer c’est le collège. Ses camarades l’insultent, la ridiculisent, la maltraitent, la font chanter. Elle n’arrive à en parler à personne. Un soir, où comme à son habitude elle dessine pour se défouler, son « autoportrait en colère » s’anime et prend vie tout à coup…
Traiter du harcèlement à l’école n’est pas chose aisée. Ce qui m’a poussée à écrire sur le sujet, c’est ce sentiment de révolte et de colère que j’ai – que j’avais à l’école déjà – face à la mise à l’écart, pouvant effectivement aller jusqu’au harcèlement, d’un individu face à un groupe.
J’ai toujours été effrayée de voir à quel point les individualités peuvent se nier et se diluer dans le groupe au service d’une cruauté aussi violente que décalée. La fragilité de l’adolescence s’engouffrant dans la force, parfois perverse, du collectif.
C’est un sujet autour duquel je tournais depuis longtemps sans savoir vraiment comment l’aborder… et puis m’est venue cette idée du double et surtout l’envie de raconter cette histoire avec la distance de l’humour. Si le sujet est grave, je ne veux pas le traiter de façon larmoyante mais plutôt de manière ludique et décalée (même dans la langue) grâce à ce personnage de Double Rose et de son expédition punitive plutôt délirante. C’est un personnage burlesque qui peut, d’une certaine façon, tout se permettre car il est le lieu de projection du monde intérieur de Rose, le fruit de son imagination et de tous ses fantasmes.
Parallèlement aux mots, des images se sont tout de suite imposées à moi, impliquant l’idée d’une écriture scénique : les dessins de Rose. Au plateau, ils sont à la fois le décor de l’histoire et le reflet de ses états d’âme, de sa colère, de ses espoirs… Ils invitent ainsi les spectateurs à entrer dans la tête de l’adolescente. Dans sa bulle.
Ce texte n’a évidemment pas la prétention de donner des leçons ou de théoriser sur le harcèlement. Il raconte seulement une histoire, celle de Rose… qui je l’espère nous aidera, adultes et enfants, à continuer à réfléchir à des solutions, à rester vigilants… Et surtout à en parler, parler, PARLER.
Valérie alane
(Octobre 2016)
Dans les coulisses du spectacle
MENTIONS
Une commande du CRÉA, création au Théâtre et Cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-bois en octobre 2016, reprise à l’Opéra de Paris / Amphithéâtre Bastille en janvier 2017.
Coproduction CRÉA / Théâtre et Cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois avec le soutien de la société Dushow.